MASCULINITÉS (vidéo)

Corps, Discriminations, Lgbtqi+, Masculinités, Parentalité, Sexualités, Violences
Collège, Lycée

 

T'es un bohomme
Prix du scénario au festival Mobile 2017
Écrit et réalisé par Sylvain Certain
Avec Mohamadou Diop et Guilhem Du Fayet


Introduction 

... "car le mythe viril n'a pas seulement nourri la misogynie, mais aussi la xénophobie, le racisme, l'exclavagisme, l'homophobie, le fascisme et toutes les formes  d'exploitation et d'anéantissement de l'homme par l'homme : toutes dérives de l'idée d'homme élaborée par ceux qui s'en sont toujours passionnément réclamés pour asservir les autres. Tant et si bien qu'on ne devrait pas dire "les hommes ont toujours opprimé les femmes" mais "une partie des hommes a toujours opprimée les femmes et une autre partie les hommes". De même que le sexe masculin a dessiné, touche par touche, siècle après siècle, l'image d'une femme infériorisée pour s'autoriser à la dominer, il a construit, pierre par pierre,une représentation idéalisée (le vir, l'homme) ou dégradée (le sous-homme) de sexe masculin, qui lui a parmis de légitimer, voire de sacraliser, la force, le pouvoir, l'appétit de conquête et l'instinct guerrier tout en considérant la brutalité à l'égard des enfants comme la meilleure pédagogie."
Olivia Gazalé, Le Mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes, Robert Laffont, 2018 (p.197)

"Façonné par des millénaires de stéréotypes et d'institutions, le modèle du mâle traditionnel est périmé. S'il est à la fois ringard et néfaste, c'est parce qu'il est une méchine à dominer- les femmes mais aussi tous les hommes dont tous les hommes dont la masculinité est jugée illégitime. Voici la prochaine utopie : inventer de nouvelles masculinités."(p.7)

"... les masculinités de domination croient représenter la quintessence du masculin, voire le masculin tout court comme si celui-ci n'existait qu'à travers sa volonté de puissance- sa crête virile. Exerçant sa tutelle sur l'ordre du genre, le patriarcat se définit comme un système ou le masculin incarne à la fois le supérieur et l'universel, au profit d'une majorité d'hommes et d'une minorité de femmes" (p.98)
Ivan Jablonka, Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Seuil, 2019 

  

VOIR LES ANNOTATIONS POUR L'ANALYSE DE CERTAINES SÉQUENCES
AINSI QUE LES ARRÊTS SUR IMAGE


  • QUESTIONS GÉNÉRALES SUR LE FILM GILETTE

 

Comment la marque Gilette utilise le mouvement Metoo pour faire sa publicité ? Justifier et préciser ce qu'est ce mouvement.

Qu'en est-il de la représentation de la diversité (origine, âge) ; pourquoi ?

Comment résumer le message de cette publicité ?

Quels modèles d'homme et/ou de comportements masculins sont critiqués ? Qu'impliquent-ils en termes de relations femmes/hommes ?

Quels modèles d'homme et/ou de comportements masculins sont valorisés ? Que peuvent-ils changer dans les relations femmes/hommes ?

Qu'en pensez-vous ?

D'après vous, quel accueil cette publicité a-t-elle reçu aux USA ? (voir les liens internet plus bas)


  • QUESTIONS GÉNÉRALES SUR "T'es un bonhomme"

 

Pourquoi le jeune garçon a-t-il besoin de courage ?

Quelle est l'attitude de son frère ? Son discours ?

Pourquoi le réalisateur a-t-il choisi de commencer son film sur le mode "film de banlieue/voyous" ?

De quelle façon la mise en scène nous induit-elle en erreur ? 

En quoi peut-on dire que ce film brise les clichés sur l'homosexualité masculine ?

"T'es un bonhomme" : expliquer le titre.


  • QUESTIONS GÉNÉRALES À PROPOS DES MASCULINITÉS

 

Qu'appelle-t-on virilité ?

En quoi la virilité définirait-elle le masculin ?

Par conséquent, quelles masculinités sont exclues ?

Qu'appelle-t-on masculinité hégémonique ? (voir les articles dans les PROLONGEMENTS/documentation/articles)

Quels sont chez les garçons les comportements valorisés au collège ? au lycée ? (en classe, dans la cour, dehors) ? 

L'homosexualité dans le monde : faire un état des lieux des pays où leurs droits ne sont pas respectés et où ils/elles risquent parfois la peine de mort.

Féminicide : préciser ce terme ; état des lieux et mesures gouvernementales. Sont-elles suffisantes ? Que proposeriez-vous ?

Expressions : le langage participe aux rapports de domination.
"Avoir des couilles", "couille molle", "pas de couilles" mais encore ?
(voir par exemple : https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue69/20120922.RUE2613/avoir-des-couilles-top-10-des-expressions-sexistes-banalisees.html )

Expliquer les termes suivants : mansplaining; manterrupting; manspreading


En guise de conclusion

 

Comme le souligne Oliva Gazale, l'opposition homme/femme, comme l'opposition homme/homosexuel et maitre/esclave, place l'homme en position de dominant, position qu'il cherche à maintenir coûte que coûte. La hiérarchie est établie et la virilité doit être affichée et prouvée par celui qui ne veut pas être exclu de l'ordre masculin.

Tout au bout de cette chaîne de domination, les "monstres", transgenres, intersexués, sont rejetés violemment, trop questionnants pour l'ordre établi qui réclame des frontières bien définies entre les sexes et impose la suprématie absolue de l'hétérosexualité.

L'injonction à la virilité se fait donc au détriment d'une représentation plurielle des masculinités ; elle exclut et disqualifie les membres "non conformes", alors assimilés au féminin, donc fortement dévalorisés et qui souffrent de nombreuses discriminations au sein de leur famille comme de la société.

Car tous les hommes ne bénéficient pas de cet ordre, le prix à payer est parfois très élevé : il faut prouver sans cesse que l'on est bien un "vrai mec" avec de nombreux risques pour la santé : dépressions, suicides (dans le monde entier les hommes se suicident 3 à 4 fois plus que les femmes), nombreux accidents du travail parce que les hommes ne sont pas assez protégés (se protéger serait montrer sa peur donc pas viril), accidents de la route pour conduite à risque, etc. Sans oublier l'obligation de se soumettre à la compétition, de réfréner ses émotions et de rejeter tout ce qui s'apparente au féminin. 

La violence est une autre conséquence de cette construction erronée de la masculinité, que ce soit entre hommes ou contre les femmes. Ainsi les féminicides, dont le nombre chaque année, en France, mais aussi dans beaucoup de pays au monde, reste extrêmement élevé.

À l'école aussi, les comportements valorisés comme masculins sont ceux qui enfreignent les lois, 80 % des élèves sanctionnés sont des garçons
(voir Sylvie AYRAL https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2013-1-page-192.htm#)
À l'école toujours, combien de garçons moqués, harcelés, voire battus ou poussés au suicide parce qu'ils n'affichent pas les bons codes ? Parce qu'ils s'intéressent à des soi-disant "trucs de filles" ? 

L'aspect social aussi est important : dans certains milieux précarisés, il est nécessaire pour les garçons, les hommes, d'afficher une virilité ostentatoire qui témoigne de leur capacité à se défendre.
Cette virilité trop affirmée peut alors être ridiculisée et dévalorisée par un autre groupe qui prétend en mieux détenir les codes, c'est le cas des classes supérieures vis-à-vis des milieux populaires et des blancs vis-à-vis des noirs par exemple.

"Les masculinités de domination affirment leur légitimité en ridiculisant, voire en détruisant, les autres masculinités… La démonstration de force, l'agressivité, l'assignation à un rôle, l'obligation de réussite, la culture de la prouesse sont autant de pièges que la société tend aux hommes et celui qui a la force d'y résister se voit intenter un procès en masculinité..."(Ivan Jablonka)

Pour celles et ceux qui évoqueraient un état de nature qui justifierait la domination masculine et son corollaire, l'hétérosexualité, il est bon de rappeler que le fait biologique se différencie de la construction sociale, que dans la nature même les comportements sexuels sont variés (voir  Pourquoi les rapports homosexuels ne sont pas "contre-nature ?"    et Dans la nature), que l'homosexualité est une forme fondamentale de la sexualité qui existe dans toutes les cultures et à toutes les époques.

Il n'existe donc pas une forme unique de masculinité, mais des masculinités plurielles que le genre humain trouverait avantage à accepter et à valoriser.


COMPLÉMENTS

 

Vidéos pour comprendre le genre et distinguer sexe biologique/genre :

 

Sur le clip de Gilette 

 

Sur la virilité, une émission de la série Culbute, ARTE, 2021

C’est quoi le point commun entre Indiana Jones, Leonidas (300) ou Spiderman? Est-ce que le courage, la bravoure, l’ambition, et la réussite sont réservés aux héros masculins ? Est-ce que le phallus est une arme de domination massive ? Et le patriarcat, juste un gros mot qui existe depuis la nuit des temps ? Un épisode qui s’intéresse à ce que ce serait d’être un homme, un vrai. 
https://www.arte.tv/fr/videos/094355-004-A/culbute-4-7/

 

Être un bon coup, ne pas montrer ses sentiments... C'est quoi la virilité ? le témoignage de deux youtubeurs
https://www.facebook.com/watch/?ref=saved&v=403960031182182

 


Ajouts 2026 

 

 

Nouvelles masculinités 

exemple du KPop 

Les flower boys coréens

et aussi les BL autrement dit BOY'S LOVE

"Ce genre, né au Japon dans les années 1970, a été créé par des femmes, pour des femmes. Il permet de s’émanciper des carcans patriarcaux en explorant des romances masculines libres et pleines de sensibilité."

Par, exemple, 18 BL coréens incontournables qui ont marqué la romance queer sur Netflix, Viki et plus...

et la figure du Bishônen dans les manga/anime qui signifie "joil garçon" à l'apparence plutôt androgyne.
Article (2023) sur le site des Dégenreuses.

 

Un autre exemple : les pom-pom boys
"Les « cheerleaders » au masculin veulent lutter contre les stéréotypes de la virilité en reprenant les chorégraphies et les codes de cette culture venue des Etats-Unis."

 

Mascus

Des rapports récents (voir plus bas), alertent sur l'essor des idées, des croyances, des actes et des comportements dits "masculinistes" .
Ainsi, 

  • 66% des jeunes hommes de 16 à 34 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste et 37% consultent leurs contenus.
  • Plus de la moitié des hommes de 16 à 59 ans considèrent que la société s’acharne sur eux (52%) et qu’ils sont trop souvent accusés de violences sexuelles exagérées ou mensongères (53%).
  • Un homme sur deux juge important d’être viril (51%).
  • 58 % pensent que le féminisme en fait trop, va trop loin
  • 40% jugent qu’un « vrai homme » doit garder le contrôle et oser prendre des risques, y compris sexuels.
  • 31% des hommes de 16 à 34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif et 32% pensent que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter.
  • 48% pensent que la masculinisme est le pendant du féminisme
    (source)

La nuance est de règle avec les sondages, mais les chiffres publiés dans le Rapport 2026 sur l'état des lieux du sexisme en France  par Le haut Conseil à l'Egalité  entre les Femmes et les Hommes le confirment, c'est un courant qui prend de l'ampleur notamment grâce aux réseaux sociaux.

Le thème des masculinismes sera traité à part sur ce site mais il sera vraisemblablement abordé lors des échanges en classe ; avant toute discussion il est essentiel de clarifier le terme et de montrer que, contrairement à ce que certain.es essaient de faire croire, le masculinisme n'est pas le pendant du féminisme. Le féminisme est un mouvement qui lutte pour l'égalité des droits des hommes et des femmes, le masculinisme lutte pour "rétablir" un supposé ordre  naturel où l'homme domine la femme, où l'homme est le chef de famille, où l'homme est fort, viril, puissant et protecteur. Le masculinisme est avant tout un anti-féminisme, un mouvement né en réaction à l'avancée des droits des femmes, un mouvement mysogyne et souvent réactionnaire.

Voilà pourquoi Genevièvre Fraisse, philosophe, considère que le mot "masculinisme" est impropre et dépolitise le féminisme.

A lire, ici, son interview dans le journal Le Monde.

 

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